"PSA a été audacieux en s'implantant dès les années 1990 en Chine. Nous voulons le redevenir. Nous avons l'intention de rouler à fond sur le marché chinois", affirme Jean-Martin Folz, président de PSA. Après une période de flottement, le groupe français a donc décidé de passer à la vitesse supérieure. Pour n'avoir pas rajeuni sa gamme à temps, PSA n'a pas su pleinement profiter du boom du marché chinois du début des années 2000. Sa vieille Fukang, une version chinoise de la Citroën ZX du début des années 1980 destinée aux administrations et aux flottes de taxis, ne répondait pas à la demande d'une nouvelle clientèle de riches Chinois, réclamant des voitures dernier cri. Résultat : ses parts de marché et sa rentabilité se sont effondrées, l'année 2004 se soldant par une perte de 37 millions d'euros. En 2005, le constructeur a vu ses ventes s'envoler de 57,5 % dans un marché en hausse de 24 %. Grâce au lancement de la Peugeot 206 en janvier, de la C-Triomphe - une Citroën C4 rallongée - en mars et d'une petite Citroën au goût chinois fabriquée sur la base d'une C3 fin 2006, PSA compte dépasser cette année les 200 000 ventes. Le groupe, qui a prévu de lancer six autres nouveaux modèles d'ici à 2009, commence donc à se sentir à l'étroit sur son site de Wuhan. Malgré la décision prise en 2002 de porter sa capacité à 300 000 voitures, l'usine devrait être saturée dès la fin 2007. PSA souhaite augmenter ses capacités de 100 000 à 150 000 unités dans un premier temps. Le groupe pourrait racheter une usine existante ou construire un nouveau site. La décision devrait être annoncée en juillet. PSA ne semble pas effrayé par les surcapacités de production dont souffre le marché chinois. Attirés par une croissance du marché automobile qui a approché les 40 % en 2002 et 2003, la plupart des constructeurs occidentaux et asiatiques ont lourdement investi dans le pays. Au moment où les usines se multipliaient, Pékin a voulu éviter la surchauffe en réduisant l'accès au crédit. Ce brusque coup de frein, donné en 2004, a provoqué une guerre des prix féroce et une chute des marges des constructeurs. Mais, depuis le second semestre 2005, PSA gagne de nouveau de l'argent en Chine. En achetant plus de composants sur place et en développant sa politique de plates-formes, qui permet de multiplier des carrosseries différentes à partir d'une base commune, le groupe a beaucoup baissé ses prix de revient. Celui d'une Peugeot 307, qui partage 65 % de ses composants avec la C-Triomphe, a ainsi chuté de 32 %. Le groupe entend pousser un peu plus loin la logique avec l'introduction prochaine de sa plate-forme commune aux Peugeot 407, Citroën C5 et C6. Fort de cette rentabilité retrouvée, M. Folz relativise la notion de surcapacité : "Certains constructeurs locaux ont construit des usines alors qu'ils n'ont pas de voitures à fabriquer." "On prendrait un bien plus gros risque à ne pas augmenter nos capacités", ajoute Gilles Michel, directeur de la stratégie industrielle de PSA. Car, si le marché chinois est toujours plus concurrentiel, il devrait rester très dynamique. L'institut Global Insight prévoit que la Chine deviendra, dès 2013, le deuxième marché automobile mondial, derrière les Etats-Unis mais devant le Japon. Difficile donc de rester à l'écart, alors que les marchés américains, japonais et européen font du surplace. Grâce à ses deux usines, PSA vise une part de marché de 8 % à l'horizon 2010, contre un peu plus de 5 % aujourd'hui.
12-07-2007 10:16 Publié dans voitures chinoises, Peugeot
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