Les voitures chinoises reculent sur le marché russe
Le marché russe est la principale destination pour les exportations automobiles chinoises. Mais une concurrence acerbe et la crise financière ont porté un coup à leurs ventes. Les constructeurs automobiles chinois sont aujourd'hui en perte de vitesse sur le marché russe.
En 2003, Zhongxing Auto exporte 506 véhicules vers la Russie et devient ainsi le premier fabricant automobile chinois à pénétrer le marché russe. Ils sont nombreux depuis à s'être engouffrés dans la brêche, mais leurs affaires se heurtent aujourd'hui à des obstacles. Durant la première moitié de l'année, la plupart des fabricants automobiles chinois, à l'image de Chery et Great Wall, ont vu leurs ventes reculer. Seule Geely a su tirer son épingle du jeu.
Concessionnaire
"Les ventes de voitures Great Wall ont chuté drastiquement ces derniers mois. Je pense que les agences n'ont pas fait assez de publicité, et le prix n'est pas raisonnable."
La concurrence est une des principales raisons avancées par les experts pour expliquer ces difficultés. Le marché haut-de-gamme en Russie est dominé par les marques de luxe étrangères. Les véhicules chinois ne peuvent donc concurrencer que les constructeurs russes bas-de-gamme.
Autre difficulté pour les sociétés chinoises, les politiques industrielles en Russie. Le pays a mis en place une politique de tarifs préférentiels pour les importations de pièces détachées automobiles en 2005, mais les sociétés étrangères doivent assembler leurs véhicules en Russie. Nombre de constructeurs automobiles chinois envisagent donc d'installer des usines d'assemblage en Russie. Les autorités du pays estiment cependant que les chaînes d'assemblage chinoises ont des lacunes technologiques et ne créeront pas suffisamment d'emplois pour les travailleurs russes. La Russie a de ce fait rejeté leurs demandes d'implantation d'usines jusqu'à présent.
Gao Xiyun
Conseiller commercial
Ambassade de Chine en Russie
"Si les constructeurs automobiles chinois veulent pénétrer le marché russe, il leur faut relever le niveau technologique de leurs produits. La Russie a des exigences strictes en matière de technologies."
Pour lutter contre la crise financière, la Russie a relevé ses droits de douane sur les importations automobiles en décembre dernier. Depuis janvier, le gouvernement russe a par ailleurs mis en place un plan de sauvetage de son marché automobile, reposant notamment sur des prêts et des achats gouvernementaux. Autant de mesures qui ont porté un coup sévère aux constructeurs chinois.
Mais les experts notent également que les entreprises chinoises n'ont pas réussi à développer des stratégies de développement à long terme en Russie. Leurs promotions et services après-ventes ne sont en effet pas suffisants.
Gao Xiyun
Conseiller commercial
Ambassade de Chine en Russie
"Auparavant, les sociétés chinoises ne faisaient attention qu'aux ventes, mais pas à la coopération. Elles n'ont pas assez investi dans les technologies et la coopération manufacturière. Donc leurs fondations sur le marché russe ne sont pas solides."
Pour les experts, des prix bas ne sauraient être une stratégie à long terme pour les constructeurs chinois. Il leur faut maintenant développer une image de haute qualité sur le marché russe, et rechercher davantage d'opportunités de coopération.
Cet article a été publé le 06-11-2009 11:53. Vous pouvez suivre les réponses reçues par cet article grâce au fil RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire.
Tags: voitures chinoises, marché russe.